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La Chapelle d'Avolsheim constitue le plus ancien sanctuaire d'Alsace encore existant, même si elle est loin de ses "plans" d'origines.  Situé au bord de l'ancienne voie Romaine du Piémont des Vosges.

Elle est ce qu'on appelle communément, une chapelle tétraconque, représentative de l'art architectural arménien : noyau central circulaire, coupole et dôme, absidioles en fer à cheval voûtées en cul-de-four .

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image tiré du site "patrimoine historique. gouv.fr"

Les églises et bâtiments religieux de l'époque sont empreint d'une forte symbolique : Dans le plan centré, tous les éléments de l'édifice convergent vers le centre, un carré, image de la terre et de ses quatre éléments (l'eau, la terre, l'air et le feu), ses quatre saisons, ses quatre points cardinaux, soit vers le centre d'un cercle, figure parfaite du ciel, du paradis

Le plan octogonal reprend la même symbolique en y ajoutant les 7 jours de la création plus le 8ème jour symbole de résurrection : l'expression de l'éternité.

Cette forme de plan centré est née au Moyen-Orient, en Palestine, à l'emplacement du tombeau du Christ, la Rotonde du Saint-Sépulcre de Jerusalem. A Byzance, aujourd'hui Constantinople, est édifiée la Basilique Sainte-Sophie. Puis les empereurs byzantins exportent ce plan en Occident, en Italie du Nord qu'ils ont reconquise, en l'église Saint-Vital de Ravenne, de plan octogonal, consacré en 547.

L'Empereur Charlemagne qui aspire à une gloire à l'image de celle des empereurs romains, prend modèle sur ce chef d'oeuvre de l'architecture impériale byzantine pour bâtir la Chapelle Palatine de sa capitale d'Aix-la-Chapelle; Chapelle qui deviendra la référence de l'art chrétien tout particulièrement sous les empereurs ottoniens du Saint-Empire Germanique et de ce fait souvent imitée en Europe.

Les églises, en France, sont rares avec un centré.  L'Abbatiale d'Ottmarsheim est la seule en Alsace à présenter un plan octogonal, c'est ce qui fait son originalité.

Deux autres édifices, en Alsace, ont aussi adopté un plan centré, un cercle pour la rotonde de la chapelle Saint-Ulrich d'Avolsheim, un carré pour la Chapelle Sainte-Marguerite d'Epfig.

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Au 12ème siècle, à quelque part entre 1160 et 1180, le lanternon qui surmontait le tambour de la coupole a été remplacé par le clocher octogonal

Et l'intérieur de la chapelle fut orné de fresques.

Les différents remaniements qu'à subit la chapelle aux cours des siècles (tronquage des absidioles, ouverture de l'absidiole Est qui est prolongé d'une nef en 1774, installation d'une tribune dans celle côté Est, uniquement accessible par un escalier qui traversait celle du Nord. Aménagement d'une porte dans celle d'Ouest, surmontée d'un fronton. Transformation en église paroissiale, puis destruction du coeur et de la nef suite à la construction de l'église St Materne en 1911, fermeture de la porte Est, donc part la même de l'absidiole) font que les fresques romanes n'ont été redécouvertes qu'en 1968, lors de restaurations.

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Les fresques représentent le christ bénissant le monde, les évangélistes, les douze apôtres, ainsi que des scènes de la vie des saints.

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Les fouilles ont permis de situer au 9ème siècle l'édification de la chapelle tétraconque, ce qui en fait un des plus vieux témoins de l'architecture carolingienne en Alsace. Bien que les 4 absidioles présentement tronquées aient été circulaires à l'origine.

De même que si on se fie aux impostes simplement chanfreinées, on peut en déduire une construction du 10ème Siècle. Quand à son plan, il est analogue à celui de l'église St Guy de Prague (925/928) et à celui de Cracovie (967)

Ce qui parait logique quand on sait que la première trace écrite du nom du village se situant sur le ban actuel date de l'an 788 et est Hunzolfesheim. On retrouve le nom du village en 1051 orthographié Avelsheim, puis en 1350 Afelsheim, d'où sa forme dialectale Âfelse. En 1496, on l'écrivait Afeltzheim et en 1589 à nouveau Avelssheim, mais avec deux "s". Depuis lors, le village porte son nom actuel et son orthographe n'a plus évolué.

Par contre, et c'est dommage, la chapelle souffre de remontées phréatiques qui lui moisissent les murs, intérieur et extérieurs.

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