DSCF2147

Oyez, oyez bonnes gens, aujourd'hui je vous emmène visiter le château du Landsberg, sur les hauteurs de Heiligenstein, à 590 mètres d'altitude environ.

Le château du Landsberg a été construit pour assurer la défenses des terres et des abbayes du Mont St Odile, de Nidermünster, de Truttenhausen et d'Andlau par le compte palatin Otton de Bourgogne, frère de l'empereur Frédéric Hodhenstaufen  vers 1190.

Petit rappel : Le pouvoir temporel s'est appuyé sur le pouvoir spirituel pour pouvoir s'étendre. Avec la christianisation de la contrée, les abbayes ont fleurit partout et se sont très bien multipliées. Mais avec le temps, ben, le pouvoir du clergé allant grandissant, les Seigneurs se sont retrouvé en concurrence avec ce dernier.

Ils ont donc choisis des endroits stratégiques pour construire leurs forteresses quitte à négocier après construction, les modalités de transfert des droits de propriété, partant du principe "j'y suis, j'y reste"

Chateau_de_Landsberg_Stuber_by_1870

C'est ce qui c'est passé ici pour la construction du Landsberg : Bien que les Staufen (Hohenstaufen) soient les avoués, càd les ministériels (traduit ça par les "protecteurs") des abbayes sus citées, ils poussent leurs vassaux à construire les châteaux sur des terres ne leurs appartenant pas, et ce n'est qu'en 1200 que l'abesse de Hohenbourg (Mont St Odile) leurs vend la parcelle sur laquelle est construite le château de Landsberg. Et c'est le chevalier Conrad de Landsberg qui est nommé par charte comme ayant droit sur le château.

C'est lui aussi (Le chevalier Conrad de Lansdberg) qui va entamer les "grands" travaux du château, grands travaux qui seront achevé par Woelflin, bailli impérial, en 1220.

Chateau_de_Landsberg_au_16e_et_17e_siecle_Friess

Le Lansdberg reprend les plans militaires inaugurés avec le Bernstein. Cet art militaire trouvera son apothéose avec l'Ortenbourg au XIIIème siècle.

Pour y accéder, il faut prendre la départementale 854 à partir de Barr direction le Mont St Odile. Puis prendre la 109 sur une petite centaine de mètres. Vous y trouverez un chemin balisé par le club vogien, chemin qui vous mènera au château en une bonne dizaine de minutes.

Quand à la visite, elle est libre.

Mais attention, c'est vraiment un champs de ruine. Bien que le château fasse l'objet d'un classement au monument historiques depuis 1965 et que la société pour la conservation des monuments historiques y effectue des travaux de dégagement et de consolidation ces dernières années : le bas château a presque entièrement disparu et l'intérieur du palas est quasi envahi par la végétation !

DSCF2141

DSCF2143

DSCF2196

Plusieurs styles et époques se mélanges dans le château : civil, militaire, gothique, roman... selon la date d'achèvement des travaux !

Plan_Chateau_de_Landsberg_fr

reconstitution-chateau-fort-landsberg-will

plan1

1. Fossé.
2. Ancienne basse-cour romane avec construction voûtée du XVIe ou XVIIe siècle. Vers 1250, elle devient une basse-cour autonome abritant un grand logis en «L» (9), dont les fenêtres ont été murées, probablement au XVe siècle, lorsque cette partie a été abandonnée en tant qu’habitation (11-12). Elle est flanquée de deux tours circulaires (10).
3. Basse-cour du château gothique.
4. Emplacement d’une tour (XVe siècle).
5. Plate-forme artificielle.
6. Fausses-braies (mur défensif) longeant le fossé (XIVe siècle).
7. Accès à la partie orientale du château (depuis la fin du XIIIe siècle).
8. Fausses-braies (XVe siècle).
9. Logis occidental (XIIIe siècle).
10. Tour de flanquement circulaire (XIIIe siècle).
11. Cheminée en liaison avec une baie du XIIIe siècle.
12. Baies du XIIIe siècle (à l’ouest et au sud) et du XIVe siècle (au nord). Certaines ont été remplacées par de grandes baies surbaissées (XVe siècle).
13. Donjon carré, orienté de manière à présenter un angle face au côté le plus exposé à une attaque. Ses façades montrent des pierres éclatées suite à un violent incendie. On y voit également les traces de plusieurs toitures successives. Au sommet, des consoles de pierres indiquent l’existence de hourds (galerie en bois construite en surplomb destinée notamment à la défense de la base des murs).
14-18. Logis seigneuriaux. L’accès se fait principalement par une porte, côté est, située au rez-de-chaussée (18). Elle est surmontée d’un oriel abritant une chapelle (15) dans laquelle se distinguent encore quelques traces de peinture. Cette façade est également percée de petites fenêtres romanes. Dans l’angle sud-est se trouve la fosse d’une citerne à filtration (16). On remarque également des fentes d’éclairage, marquant un niveau de cave, ou les vestiges d’une cheminée encadrée de deux fenêtres. Certaines présentent un décor de besants (un besant représente un disque saillant ) (17).
19. Porte du premier étage du logis à laquelle on accédait depuis une plate-forme.
20. Bâtiment médiéval.
21. Agrandissement sud-est datant du XVe siècle (écuries ?).
22. Mur (XVe siècle) percé de couleuvrinières (ouvertures de tir pour armes à feu appelées couleuvrines).
23. Vestiges d’une canonnière à volet, d’une poivrière (guérite de maçonnerie placée en encorbellement) et de faux-mâchicoulis (XVe siècle).
24. Bâtiment (fin XIIIe siècle) remanié avec l’installation d’une rampe depuis la porte n°7 (accès de la fin du XIIIe siècle de la partie romane ?).
25. Poterne.

Crédits : N. Mengus (textes, plan-croquis d’après G. Bronner) – R. Will (reconstitution).

 

Chateau_de_Landsberg_Kieffer_1841

images2

La rampe d'accès, au nord-est, mène au château "primitif" que protège dans l'enfilade, le donjon.

La façade est magnifique avec le coeur de la chapelle castrale construite en oriel au dessus de la porte d'entrée, un poil décalé par rapport à cette dernière, la protection spirituelle étant plus symbolique qu'efficace : on prendra note de la présence, au dessus de la porte, de corbeaux soutenant une bretèche pour une défense bien plus réelle de la prote encadrée par deux belles baies doubles en plein cintres !

DSCF2144

DSCF2169

DSCF2170

DSCF2171

DSCF2177

Une fois dans le palas et son enchevêtrement de pierre et de buissons, on se retourne et on admire les doubles baies avec leurs coussièges et les colonnettes sculptés qui  soutiennent les fenêtres.

DSCF2172

DSCF2175

DSCF2176

DSCF2182

DSCF2183

DSCF2184

DSCF2186

DSCF2185

DSCF2191

DSCF2193

Au rez de chaussé, des "fentes" d'éclairage (meurtrières ?) indique qu'il y avait là, fut un temps, un sous sol / une cave.

DSCF2166

 

DSCF2174

DSCF2189

Le mur sud n'existe plus.

Sur le mur du donjon, on peut apercevoir l'emplacement de la toiture du bâtiment qui y était accolé

DSCF2144

DSCF2146

DSCF2153

Il semblerait que le chemin de ronde longeait la muraille à l'abris d'un parapet crénelé. Quand au hourdage, si hourdage il y avait, il se trouvait au niveau du donjon.

Fin du XIIIème siècle, le château fut agrandis au nord ouest en conservant son noyau roman, tout en innovant avec la construction de deux tours rondes à 3 étages en flanquement;

DSCF2154

DSCF2155

DSCF2156

DSCF2157

DSCF2159

DSCF2161

DSCF2160

DSCF2163

L'agrandissemement est défendu par des archères à niches et servait aussi de logement

DSCF2162

DSCF2164

DSCF2165

Au sud est, l'enceinte du château fut agrandie par l'adjonction d'une courtine où devait se trouver l'entrée principale du château.

DSCF2172

DSCF2175

DSCF2176

Le tout est actuellement écroulé. Sauf une petite partie du mur d'angle où l'on peut voir une magnifique canonière à volets, une poivrière au dessus d'icelle, ainsi que de faux machis coulis !

DSCF2148

DSCF2151

DSCF2149

DSCF2150

Le château du Landsberg est une merveille de son époque, et c'est fort dommage qu'il ait été détruit lors de la guerre de 30 ans... et surtout, qu'il soit dans un état aussi pitoyable... mais bon, c'est une propriété privé et on peut s'estimer heureux qu'on puisse y accéder librement.

Quoi que, c'est pas un endroit pour une balade avec des gosses, faut vraiment bien faire attention à tout ce qui peux te tomber sur la calebasse ou se dérober sous tes pieds, sans compter les ronces et les orties, en nombre !

Le chemin d'accès non plus n'est pas des plus aisé, quoique court : on arque sur du schiste, donc le chemin est raviné et composé de tout petits éclats de schistes, si t'as pas de bonnes godasses de marche, tu te flingue les chevilles, voir plus !

Par contre, et ça c'est le bonus de la sortie, l'office du tourisme de Barr-Bernstein a fait installer des panneaux : t'as droit à un magnifique sentier géologique supppppper bien balisé avec de bons panneaux d'information !

Pour ceux que la géologie locale intéresse, je vous met un lien :

213005903_12