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Dans le château fort de Lichtenberg habitaient deux frères qui éprouvaient l'un pour l'autre une telle haine que l'un d'entre eux avait juré de faire périr son ennemi par la soif, l'autre de le faire mourir de faim. Le premier se rendis maître du second et le fit jeter dans un cul-de-basse-fosse où on ne lui donnait chaque jour qu'un morceau de pain sec. Le malheureux réussit à survivre en imbibant les croûtes de pain avec l'humidité qui ruisselait des murs. Mais il fut découvert et transféré dans une pièce haute exposée aux rayons du soleil où il mourut en peu de temps.

Après cette mort, le fratricide éprouva de tels remords qu'avec le chapelain du château, qui était complice, il se jeta dans la vallée du haut d'un rocher.

Tradition orale.

Jean-Geoffroi Schweighauser : Antiquités de l'Alsace - 1828

Baquol : Dictionnaire du Haut et du bas-Rhin - 1865

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Cette légende que Pfeffel a utilisée dans un conte plus développé, repose sur les litiges déclenchés de 1462 à 1471 entre les frères Jacques et Louis de Lichtenberg à cause de la garce de maîtresse du premier (la belle mais méchante Bärbel). Il s'y ajoute, pendant la guerre privée que ces deux frères livrèrent avant leur brouille à Georges d'Ochsenstein et Schoffried de Leiningen, la prise de ce dernier et son emprisonnement dans une oubliette du château pendant sept ans, avec des chaînes au pieds les trois premières années.

Le peuple a donc confondu plus tard les deux faits, les a mélangés et transformés dans la version que l'on raconte au voyageur encore aujourd'hui à Lichtengerg et ses environs

Au côté extérieur du mur de l'étage supérieur du donjon, où se trouvait le magasin de poudre, on peut voir une tête sculpté dans la pierre qui serait celle de la malheureuse victime.  On montre aussi dans une salle inférieure trois têtes semblables, l'une plus maigre et plus chétive que l'autre : elles représenteraient celle du prisonnier devenant de plus en plus faible.