Ou plutôt

L'ABBAYE DE MARMOUTIER

C'est même THE plus vieux monastère d'Alsace

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C'est Childebert II (570-596) roi d'Austrasie, qui autorise le moine irlandais St. Léobard, disciple de St Colomban, à s'installer avec ses suivants (les moines qui l'ont suivit) sur les terres nommées "marca Aquileiensis" et à y fonder un monastère. Et en profite pour doter richement le tout nouveau monastère baptisé Leobardi cella par les moines qui suivent la règle de St Colomban.

Un premier incendi va détruire le monastère et c'est l'abbé Maur qui va en diriger la reconstruction et le développement de Mauri monasterium en 724.

Et c'est pourquoi les habitants de Marmoutier sont appelés les maurimonastériens, ben tient, y a pas de raisons !

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Le rose au centre, c'est le monastère, en vert, le bourg...

 

Comme Mauri monasterium (le monastère de Maur, hein) est une abbaye royale, au propre comme au figuré, elle est plus que "royalement" doté par les rois d'Austrasie et devra sa prospérité à ses vastes domaines justement !

En 728, St Pirmin réforme l'abbaye colombienne (qui suit la règle de St Colomban, tu me suis là ?) pour lui faire suivre la règle instauré par St Benoît (on parle d'abbaye bénédictine là)

En 971, c'est Erchenbald, évêque de Strasbourg, qui consacre l'église abbatiale dont la façade d'époque fait encore notre admiration. Pur art roman, l'édifice est très massif, contrairement au style élancé que présente l'abbaye de Murbach.

Plus que prospère jusqu'au XIIème siècle, elle décline peut à peut, marquées par la guerre des paysans (1525) et la guerre de 30 ans (1618) avant de reprendre du poil de la bête jusqu'à la révolution de 1789 où les bâtiment destinés à la vie conventuelles furent vendues ou détruits. Seule subsiste l'église abbatiale qui devient par la suite église paroissiale

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1) Le logis du Père Cellerier (actuelle mairie)

Cet ensemble de bâtiments qui ferme l'enclos monastique à l'ouest, était occupé par le Père Cellerier (titre donné à l'économe de l'abbaye) qui disposait d'un logement indépendant et de dépendances. Le bâtiment abritait aussi l'une des six caves (à vin) de l'abbaye

2) Le palais abbatial (actuel presbytère)

Le palais abbatial, où logeait le Père Abbé supérieur et ses hôtes, occupait toute l'aile nord-ouest des bâtiments résidentiels. Il s'ouvrait à l'ouest sur la cour d'honneur et à l'est sur le cloître. Totalement détruit par un incendie en 1886, il ne reste du fastueux bâtiment que l'échauguette d'angle du 16ème siècle et réemployée actuellement comme presbytère.

3) Le porche d'honneur (4 rue du couvent)

Le porche dz'honneur permettait d'accéder à la grande cours de l'abbaye. Formé d'une double rangée d'arcatures, il était surbâti en son centre d'un musée abritant le cabinet de curiosités des moines. L'accès se faisait depuis le premier étage du palais abbatial dont une porte, préservée par l'incendie, est toujours visible à l'est.

4) Les jardins et le vivier

Toute la partie nord de l'enclos monastique était occupé par des jardins, une orangerie et un vivier. Il ne reste que quelques vestiges des bassins à l'angle nord-ouest. Affin de faciliter l'accès à ses jardins, l'abbaye fit détruire le mur d'enceinte du bourg; Il fut reconstruit plus au nord avec des pierres calcaires qui donnèrent à la construction le nom de mur blanc.

5) le logis des moines (10 rue du couvent)

Ce bâtiment abritait le logis des moines, le dormitorium au premier étage et le refectorium au rez-de-chaussée. Le porche, richement décoré de sculptures et de stuc, permettait d'y accéder et servait de passage entre le cloître et les jardins. Ces vestiges permettent de donner une idée de l'ampleur et de la magnificence du monastère.

6) Le cloître

Suite à l'incendie de 1707, le cloître ne fut plus reconstruit au sud de l'abatiale, mais au nord, au centre des bâtiments résidentiels. Les moines utilisaient ce vaste espace clos entouré d'une galerie couverte pour se promener. Dans une atmosphère calme et sereine, caractéristique des cloîtres monastiques, ils pouvaient méditer et se détendre.

7) La bibliothèque (20 rue du couvent)

Ce bâtiment abritait la bibliothèque de l'abbaye. Suite aux incendies successifs et aux destructions de la la révolte des paysans, en 1525, peut de documents ont pu être conservé.

La découverte dans les villages alentours de chambranles de fenêtres identiques, laisse supposer la présence qu'un bâtiment similaire occupait l'angle nord-ouest entre le palais abbatial et le logis des moines.

8) Le scriptorium (22 rue du couvent)

Ce bâtiment était occupé par la salle des écritures et l'atelier de reliure. Dans la règle de vie bénédictine, une grande importance était accordée au travail intellectuel, notamment à la copie et la transmission des textes. L'abbaye produisit un grand nombre d'ouvrages qui furent en partie détruits lors des révoltes paysannes et des incendies.

9) La salle capitulaire (24-32 rue du couvent)

La salle capitulaire, située au centre de ce bâtiment, était la pièce principale de la la vie communautaire. Richement ornée, elle était utilisée pour les rézunions quotidiennes où les moines étudiaient les lectures du jour et leur emploi du temps, et pour les évènements exceptionnels.

10) La sacristie

Une grande sacristie reliant l'abbatiale aux bâtiments résidentiels permettait aux moines d'accéder directement aux offices. Dans la règle bénédictine, ils avaient lieu 7 fois par jour. Au fil du temps, ils donnèrent leur nom aux heures de la journée : matines, prime, tierce, sexto, none, vêpres et complies.

11) L'hôpital (37 rue du couvent)

Ce bâtiment construit vers 1720 à proximité du chevet de l'abbatiale, abritait l'infirmerie de l'abbaye. Il fut le premier bâtiment du nouveau couvent.

Au 6ème siècle, Saint Benoît de Nursie imposa dans sa règle de vie monastique le soins aux malades et montra l'exemple en créant un véritable hôpital au couvent du Mont Cassin. Dès lors, chaque couvent installa une petite infirmerie pour soigner les frères. Au fil du temps, même les malades venus de l'extérieur, les pauvres, les impotents et les femmes enceintes furent pris en charge.

12) Le choeur

Le chronogramme inscrit sur le pan Est de l'abbaye indique que le choeur fut achevé en 1769 dans un style néo-gothique, par l'abbé Anselme, pour remplacer celui du 13ème siècle. Il avait été reconstruit plus de 5 fois suite à des restaurations ou des incendies. il se compose désormais d'un seul vaisseau couvert d'une voûte d'ogive au dessin particulier.

13) La nef et le transept gothique

La nef à 3 travées et le transept saillant furent reconstruit au 13ème siècle, alors que l'abbaye connaissait une période de prospérité. Les travaux durèrent près d'un demi siècle, ce qui explique la différence de styles entre les premières baies et les dernières. A l'extérieur, sur l'un des contreforts du transept, 2 cadrans solaires ont été gravés, ils permettaient aux moines de connaître l'heure des offices.

14) Le cloître romano-gothique

Le cloître romano-gothique fut détruit lors de l'incendie de 1707. Par la suite, il fut reconstruit au nord de l'abbatiale, au centre des bâtiments résidentiels. Il ne reste aucun vestige apparent en dehors des portes qui communiquaient avec l'abbatiale, qui sont toujours visibles sur le mur de la nef. Selon des documents, une chapelle dédiée à St Auteur et St Laurent occupait au Moyen-Âge le centre du cloître.

15) Les ateliers

Les bâtiments délimitant au sud et à l'est l'enclos monastique étaient occupés par de petits ateliers. Cette zone économique abritait des artisans au service de l'abbaye (boulangers, tailleurs de pierre, maréchal-ferrant, élevages, etc...

16) La cave et la grange dîmière (classé MH le 03/01/1991)

C'est dans cet ensemble de bâtiments qu'étaient entreposés les produits agricoles issus de la dîme (impôt sur le grain et le vin équivalent à 1/10 de la récolte) Le cellier se trouvait en demi sous-sol et le grenier occupait le rez-de-chaussée surélevé. Sur la clef de l'arc du porche sont gravés la date de construction : 1750 et les initiales du commanditaire : PA (Placidus Abbas) l'abbé Placide Schweighaeuser et la crosse abbatiale (martelée à la révolution) Des dalles portant les armoiries de l'abbés du 16è et du 17è ont été scellées dans le porche. Elles avaient été jetées par l'abbé Anselme Moser lors d'un déblaiement du choeur et de la nef en 1715.

17) Le logis des hôtes et du personnel féminin (10 place du Général de Gaulle)

Cette aile servait de maison d'acceuil aux voyageurs, et de logis au personnel féminin du couvent, personnel qui s'occupait principalement de la lingerie. Les travaux ont eu lieu en l'an 1732.  En tant que centre économique et religieux,  l'abbaye avait un devoir d'assistance envers la population. Elle abritait des services qui permettaient aux plus démunis, aux voyageurs et/ou aux malades, de se nourrir et se reposer.

18) Le logis du Père Prieur (9 place du Général de Gaulle)

L'aumônerie, construite en 1751 par l'abbé Dom Placide, abritait le logis du Père Prieur chargé avec le Père Cellerier de distribuer des dons aux nécessiteux. Sur sa droite se trouve un pan de mur orné d'une niche; C'est le seul vestige d'ubn portail qui avait son pendant de l'autre côté de la place, devant la cour d'honnheur.

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L'église présente, face à la place du marché, une façade de style romano-byzantin avec un porche ouvert à trois arcades et flanqué de deux tours carrées. Celles-ci contiennent les escaliers qui mènent au premier étage à une salle située au dessus du porche et qui sert d'assise au clocher.

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Les deux tours carrées, quand à elles, finissent en octogone et sont représentatives des constructions carolingiennes.

Quand à la décoration de la façade, elle comprend des frises d'arceaux  à éléments sculptés de têtes, de corps ou bien des éléments géométriques.

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Les piliers des chapiteaux sont pour leur parts, sculptés de motifs végétaux.

A l'intérieur

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L'arcature en plein cintre marque la séparation entre le Narthex roman et la nef gothique. Cette dernière fut bâtie entre 1230 et 1300. Très lumineuse, elle est rythmée par des piliers aux chapiteaux ornés de feuillage. Ceux vers le Northex ont même des feuillages à visage humain.

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On y admire aussi l'orgue due à Silbermann André, dit le Père (rapport que le fils Silbermann aussi était facteur d'orgue)

André Silbermann est issu d'une grande famille alsacienne de facteurs d'orgue. En 1707, la commande passée par Marmoutier est sa première œuvre majeure qui sera achevée par son fils Jean-André en 1746.
L'orgue, avec son buffet en chêne massif décoré de feuilles d'acanthe, est un instrument d'inspiration parisienne car André a fait son apprentissage chez François Thierry à qui l'on doit la réfection du Grand Orgue de Notre Dame de Paris.
L'instrument toujours fonctionnel, compte 1510 tuyaux dont le plus petit mesure 4 cm et le plus grand 2,54 m. Silbermann réalise plus de 34 orgues, notamment pour les églises de Strasbourg, Obernai, Rosheim, Colmar, Lautenbach et Ebersmunster.

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On peut admirer dans le transept les monument funéraires commandé par l'Archiduc Léopold d'Autriche à la mémoire de ses ancêtres (l'histoire ne dit pas s'il les a payé de sa poche, bref, il les a voulu, il les a eu !)

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Le choeur d'origine, gothique, a été remplacé au 18ème siècle par l'actuel, plus grand et plus lumineux, mais dans un style qu'on a voulu proche du gothique. La voûte à nervures en étoiles est originale. Les stalles en bois aussi (t'as remarqué, on a le même mot pour désigner l'endroit où on range  les moines et les canassons) Les emblèmes des évangélistes sont visible à chaque extrémité des stalles.

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La crypte en sous sol est d'accès payant, mais la visite vaut largement les 2€ demandé. L'accès se fait par le croisillon droit : tu descend l'escalier et tu changes d'époque ! 

Les résultats des fouilles archéologiques sont mises en valeur avec art et magnificence. On peut y admirer les fondations des églises qui se sont succédées à cet emplacement depuis la création du couvent, de sarcophages monoxyliques ( taillé d'une seule pièce dans un morceau de bois, un peu comme le tronc d'un arbre qu'on creuse pour en faire une pirogue, tu vois le truc ?) celui de St Léobard y est aussi (mais si, St Léobard, le disciple de St Colomban, celui qui a eu le droit de construire un monastère) avec son occupant.

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Lors de précédentes fouilles, on a pu dégager des restes visibles d'une église pré-romane, un sarcophage monoxyle, un autre en calcaire du temps de l'abbé Maur...

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Aménagé en 1990 par les monuments historiques, le musée de la crypte archéologique présente des éléments d'une église mérovingienne construite en 724 et plus précisément l'abside centrale entourée des absidioles nord et sud. De cette église sont également présenté les soubassements d'un petit autel ainsi que les restes de sépultures

On peut faire le tour de l'abbaye, qui permet de bien voir l'évolution de la construction au cours du temps

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De même qu'à l'arrière du bâtiment, un rigolo chronogramme permet de connaître la date d'achèvement du choeur, en additionnant toutes les lettres majuscules, correspondant aux chiffres romains.

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