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Ah que coucou mes amis, je vous emmène en promenade aujourd'hui, visiter le château du Spesbourg sur les hauteurs dominant à la fois Andlau et Barr

La ruine du Spesbourg, classée au MH en 1967, est tout ce qu'il reste d'un château fort. 

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Et bien que le château fort soit construit sur un éperon rocheux à 460 m d'altitude, il n'a, mis à part le fait qu'il domine le val et ait été construit en granit, rien d'une forteresse.

Contrairement à d'autres châteaux contemporains de la même époque, il présente toutes les caractéristiques d'un manoir qui sacrifie les impératifs militaires du 13ème siècle aux nécessités de l'agrément d'une résidence de famille noble du 14ème siècle.

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Bien sur la bâtisse possède un donjon d'environ 24 m, uniquement accessible par une porte haut placée. Mais ce donjon est à l'abris d'un mur bouclier tourné vers l'attaque. Mur plat et aveugle guère plus épais que les autres murs d'enceinte.

Alors que dès 1200, le côté d'attaque avait un profil en pointe pour dévier les projectiles, le Spesbourg dans son ensemble, ressemble, de part sa forme polygonale, à une énorme tour d'habitation.

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Ce qu'il était assurément.

Chose qui s'explique peut être par l'histoire des premiers propriétaires. S'il semblerait que le château du Spesbourg ait été construit entre les années 1246 et 1250, il en est fait  premièrement mention lorsqu'Alexandre de Stahleck-Dicka est fait avoué de l'abbaye d'Andlau.

Les Dicka sont peut être des nobles, mais la famille n'est pas d'Alsace. Depuis le 12ème siècle, elle fournit des dignitaires aux Églises cathédrales en haute et moyenne vallée du Rhin. Henri de Stahleck-Dicka est d'abord chanoine de Mayence avant d'acquérir cette dignité à Strasbourg en 1238. Et bien que la famille n'ait ni territoires, ni biens fonciers et patrimoniaux, l'accession au siège épiscopal va considérablement allonger la liste des privilèges de la famille. Henri en profite pour inféoder son frère Alexandre du droit d'avoué de l'abbaye d'Andlau. Ce dernier réussi le tour de force de faire transférer sa charge de Burgrave à son fils, à vie !

Bref, ils sont riches, sont bien placé sur l'échiquier du pouvoir et le font voir et savoir !

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1.Fossé étagé sur deuxniveaux. Son creusement est resté inachevé à son extrémité ouest. Il est dominé par le haut-château dont les logis sont protégés par un donjon et un mur-bouclier dont le chemin de ronde était crénelé et équipé d’une galerie de hourds (galerie en bois construite en surplomb). Curieusement, une cheminée du logis est a été aménagée dans son épaisseur, ainsi que deux archères, ce qui affaibli son rôle de bouclier face au bombardement d’un éventuel assaillant.


2. Chemin d’accès entrecoupé d’au moins trois portes dont il subsiste quelques vestiges (XVe-XVIe siècle).


3. Basse-cour (1246-1260). Des bâtiments (XVe-XVIe siècle) se trouvaient le long de l’enceinte est , ainsi qu’au pied de l’entrée du haut-château. Au nord, une poterne (1246-1260) donnait sur le fossé ; il n’est pas à exclure qu’il s’agisse de l’entrée primitive de la basse-cour.


4. Emplacement d’une tourquadrangulaire (XVe-XVIe siècle).


5. Emplacement du logis ouest (1246-1260) détruit lors des transformations du XVIe siècle. La démolition de ses murs intérieurs a permis de créer une petite cour à la place de l’étroite ruelle qui, à l’origine, séparait les corps de logis. Entre le logis ouest et le donjon se trouvait un espace permettant d’accéder à des latrines situées au rez-de-chaussée et à l’étage. Sur la façade sud du donjon, des trous d’ancrage de poutres correspondent au niveau du couloir de latrines situées à l’étage. Il s’agit de la trace d’une ancienne galerie de bois qui permettait d’accéder directement aux commodités depuis le logis est. Le logis ouest semble avoir surtout renfermé des pièces à usage utilitaire, dont une cuisine.


6. Bâtiment sud (à l’origine, il s’agit de l’angle sud-ouest du logis ouest). Ses murs intérieurs nord et est sont contemporains de la démolition du logis ouest au XVIe siècle. Sa façade commune avec le logis est comprend notamment une cheminée. Le fond de cette dernière était percé de deux ouvertures superposées qui permettaient d’alimenter et d’évacuer les fumées d’un poêle aménagé au revers et chauffant l’étage du logis est.


7. Logis est (1246-1260). C’est là que se concentre la partie résidentielle du château : nombreuses fenêtres géminées, grandes cheminées, poêle, etc. Au niveau du rez-de-chaussée, un arrachement s’observe au revers du mur-bouclier. Il s’agit du début de construction de la façade ouest du bâtiment. Les constructeurs, s’étant manifestement rendus compte que l’espace intérieur ne serait pas assez vaste, ont alors décalé cette façade vers l’ouest. Datant probablement des travaux des environs de 1550, on peut noter des traces de peintures murales dans les niches des fenêtres du premier étage.


8. Donjon quadrangulaire (1246-1260) occupant l’angle nord-ouest du haut-château. A l’origine, le donjon n’était pas prévu dans la construction, car, à son emplacement, sa valeur défensive est plus symbolique qu’efficace. En fait, l’étude des murailles extérieures montre que le mur-bouclier a été érigé en premier, puis les autres murs ont été élevés depuis le côté est jusqu’à l’angle nord-ouest où les façades du logis et du donjon s’appuient sur le mur-bouclier, condamnant même une petite porte (de latrines ?) aménagée dans le bouclier. Haut de presque 25 mètres, il comprenait une geôle équipée de latrines (1er niveau), un lieu de stockage (2e niveau), la porte d’entrée (3e niveau), l’accès au chemin de ronde (4e niveau) et le chemin de ronde lui-même, seul élément défensif de cette tour.

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Une fois que le visiteur a passé les 3 portes d'accès du château dont il ne subsiste juste encore la base d'une d'entre elles, il traverse la basse cour où on distingue encore vaguement des vestiges de bâtiments puis grimpe l'escalier pour atteindre la porte principale.

Une fois passée la porte, on a sur la gauche les cuisines ... enfin, une cheminée et un évier qui indique l'emplacement des ex cuisines !

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Seconde porte sur la droite, on entre dans le logis seigneurial dit "salle des chevaliers"

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Magnifiques fenêtres gothiques, restes de fresques polychrome, chapiteaux de cheminées sculptées... montre un raffinement peu usité et surtout peu connu au 14ème siècle;

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La famille Dicka n'aura été, malgré sa puissance, qu'une étoile filante au firmament des nobles Alsaciens : Les Dicka "mâles" ont tous été décimé en 1386 à la bataille de Sempach (en Suisse) et ce sont les Andlau qui ont hérité du fief et de la charge. Certains membres de la famille Andlau ont bien vécu dans le château du Spesbourg mais ce dernier n'a jamais été remanié pour adapter les ouvertures à l'usage des armes à feu comme cela a été le cas dans les autres châteaux d'Alsace (et d'ailleurs)

D'un autre côté, le Spesbourg n'a jamais été un enjeu stratégique ou économique non plus !

Pour preuve : le duc de Bavière, Etienne de son nom, prend le château en 1431, alors qu'il est vide de tout défenseur ...

Au 15ème siècle, il est cependant incendié par les bourgeois de Barr à qui la moutarde monte au nez suite aux mésaventures d'une de leur concitoyenne soit disant subornée par un noble dans le Spesbourg.

La révolution de 1789 exproprie les Andlau du château et fera une carrière de pierre pour les habitants des environs de ce dernier (je te parle du château, pas des habitants !)

Le classement aux MH en 1967 et la création de l'association pour la restauration du château du Spesbourg en 1985 vont permettre de rendre ce dernier accessible, d'intégrer la ruine dans son environnement, de poursuivre les travaux de conservation du bâtiment et les campagnes de fouilles archéologiques.

D'y exposer de manière permanante des oeuvres d'art contemporaines.... comme le moucharabieh de Linder (que j'ai d'abord pris pour une grille condamnant la fenêtre par précautions pour éviter les chutes...)

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(Le sculpteur Marc Linder réinterprète le moucharabieh, dispositif traditionnel de l’architecture des pays arabes, et le place dans les ruines du château alsacien du Spesbourg. Cette installation d’art a été initialement  mise en place en 2004 pour la manifestation «Transparences, Itinéraires d’art contemporain dans le Pays de Barr et de Bernstein» : elle est depuis devenue une installation pérenne sur la Route de l’Art Contemporain.)

Et d'y organiser de temps à autre des manifestations historiques et/ou culturelles ....

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Mais ce que j'ai préféré, c'est la balade pour y accéder

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