Profiter d'un week end de pont au mois de mai et se carapater faire un pique nique à 4 heures de route d'ici : Trèves la romaine en Rhénanie-Palatinat, la destination était toute trouvée.

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Trèves est la plus ancienne ville d'Allemagne, certifié par dendrochronologie : les rondins de bois trouvé sur place ont parlé !

En 17 avant JC, les Romains n'ont rien trouvé de mieux à faire que de s'installer sur le chef-lieu des Trévires (peuple gaulois) et d'y monter une colonie sous l'appellation Augusta Treverorum ! Je ne parle pas assez le latin pour vous le traduire mais la généalogie semble établie : Trèves vient de Treverorum qui descend de Trévires.

Bref, tout ça pour vous dire que la ville vaut son détour rien que pour ses vestiges d'époque romaine (ça lui a valu un classement aux monuments du patrimoine mondial)

Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle date de 45 après JC, en remplacement d'un premier pont de bois : c'est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout (plus ou moins contemporain de celui de Vaison la romaine, mais hachement plus grand, beaucoup même)

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Bon, oki, on l'a vu de la voiture, sous la pluie, en cherchant un emplacement de parking ....

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Qu'on a trouvé au centre ville, pour pas grand chose la journée (équivalence prix Strasbourg : deux heures, c'est te dire !) juste à un jet de pierre de la "basilique de Constantin"

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L’aula, (à l'origine, c'était pas une basilique, mais une aula) construite entre le IIIe et IVe siècle, servait de salle du trone à l'empeureur Constentin (empeureur romain). Elle était habillée intérieurement de parements de marbre, avec des niches abritant des effigies de marbre. Le plancher et les murs étaient chauffés.

Il est impossible de dater avec précision la construction de la basilique. Ce qui est certain, c'est qu'elle fut construite avec les pierres d'édifices plus anciens, et qu'elle ne constituait pas un bâtiment isolé, mais qu’à l'époque de l'antiquité tardive, elle faisait partie de l'enceinte du palais impérial : les vestiges des bâtiments adjacents ont été mis au jour dans les années 1980 et sont aujourd'hui visibles.

L'aspect actuel de la basilique ne restitue pas l'architecture d'origine, car à l’époque les briques étaient couvertes d'un crépi.Quelques traces de ce crépi d'origine ainsi que certains traits antiques ont été conservés à hauteur des baies (vitrées)

Le chauffage de cette gigantesque pièce était assuré par le dispositif suivant : sous un plancher double se trouvaient cinq chaudières, d'où l'air chaud s'élevait par convection aussi bien entre les deux planchers que derrière le revêtement de marbre rapporté sur les murs. Ainsi le plancher n'était pas la seule surface chauffante. L'évacuation de l'air chaud par les ouvertures en partie supérieure de l'édifice était ainsi conçue qu'elle chauffait au passage les murs, lesquels servaient pratiquement de radiateurs.

Mais ce bâtiment fut détruit au Ve siècle par les Francs, qui construisirent un lotissement dans la ruine dépourvue de toit. Par la suite, les murs furent reconvertis en château fort. Puis le complexe servit de résidence princière à l'archévêque de Trève. L'abside fut reconvertie en maison-tour, flanquée de tourelles à la jonction avec la façade, et les murs découpés de créneauxs. Cet aspect prévalut jusqu'aux alentours de l'année 1600.

Ensuite l’archevêque Lothaire de Metternich fit construire son palais princier tout contre la basilique au début du 17ème siècle. Pour cela, on abattit les murs est et sud de l'édifice ; le reste fut intégré directement au nouveau palais. Puis à l'initiative du roi de Prusse Frédérique-Guillaume 4ème du nom,  la basilique fut rendue à son architecture romaine d'origine, selon une reconstitution du colonel Carl Schnitzler (1846-1856).

Une plaque devant l'édifice montre gravée dans le marbre les plans successif de l'ensemble :

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On a fait le tours du jardin à la française, admiré les enceintes fortifiées, le palais princier (enfin, sa façade) avant de pouvoir visiter l'intérieur de la basilique, vu qu'on arrivait pile pendant la messe ! Faut savoir que la basilique est fréquentée depuis 1856 par les fidèles protestants, bien qu'elle demeure la propriété du Land de Rhénanie-Palatinat. 

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L'ensemble est impressionnant

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Maquette exposée aux thermes impériaux

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De là, direction les thermes impériaux construit vers 300 après JC, en tant qu’ensemble monumental dédié à l’empereur Constance Chlore et à son fils Constantin, qui avaient fait de Trèves leur résidence. Les édifices comportaient entre autres une halle autoportante semblable à la Basilique de Constantin (genre "m'as tu vu" la ville, d'ailleur elle était appelée "la Rome du nord", Trève)  et de taille voisine. Conformément aux normes romaines pour des bains publics aussi importants, on aménagea de nombreuses galeries souterraines pour le chauffage et la vidange des eaux usées. Le diamètre du dôme en maçonnerie qui surplombe le tepidarium atteint quand même 16,45 m.

On a pu constater à propos de ces souterrains et ces infrastructures d'exploitation que les bains des thermes n'ont jamais été réalisés ; car après le transfert du palais de Constantin à Constantinople (vas-y que je déménage) ces bâtiments demeurèrent désaffectés, jusqu'à ce que l'empeureur Valentinien (les empeureurs se suivent mais ne se ressemble pas) les convertisse en caserne en 360 (pragmatique le gars). Cette nouvelle caserne pouvait recevoir entre 800 et 1 000 hommes de la garde montée de Valentinien. La halle autoportante  géante, à l'ouest, fut rasée et les hypocaustes du bâtiment ouest comblés. Seul subsista le caldarium primitif (bain chaud), c'est-à-dire la halle orientale avec ses trois absides et son entrée, une basilique à collonnes utilisée par la suite comme tribunal.

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Plus tard, le bâtiment fut intégré comme porte fortifiée (Stadttor) aux remparts médiévaux : l'une des fenêtres de l’abside méridionale ménageant le passage à l'intérieur de la ville. Ce n'est qu'en 1808, alors qu'on jetait à bas les anciennes fortifications, qu'on tomba sur les fondations des bains antiques, bien plus étendues que cette porte.

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petit reste d'un "sol chauffant" : l'air chaud passait entre les piliers de briques soutenant le plancher

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Le complexe est immence, le dédale de sous terrains impressionnant et quand t'es en bas et que tu lèves le museau, deux miles ans te contemplent !

De là, on traverse pour monter sur les hauteurs

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Le passage piéton qui t'emène sous la route est superbement graphé : chaque artiste a droit à une portion de mur et le mélange des genres est très agréable à la vue (et topping sur le cup cake : c'est pas parce que c'est un passage souterrain que ça sent l'urine, au contraire, c'est très très propre)

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Direction l'amphithéatre

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Son arène mesurait 75 mètres de long pour 50 mètres de large, et 25 000 à 30 000 spectateurs pouvaient trouver place dans l'amphithéatre, ce qui le situait parmi les dix plus grands amphithéatre romains. Les gradins se constituaient de trois rangées de vingt-quatre rangs de spectateurs. À l'intérieur du mur, 14 petits locaux étaient creusés, vraisemblablement pour les cages des animaux. Sous l'arène, s'étendait un sous-sol où l'on trouvait la machinerie commandant les ascenseurs ainsi que la montée ou la descente des plateaux. Le sous-sol, aujourd'hui dégagé, est accessible.

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Un centre ville piéton bien piétonnant qu'on traverse le nez au vent direction la porta nigra

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Fontaine de Saint Pierre (Petrusbrunnen) rehaussée de figures peintes datant du 16e siècle.

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D'animation en artiste de rue, nous parvenons enfin (trois pauses glaces plus tard) à voir la porte noire (du Mordor)

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Vue de l'intérieur de la ville

Cette porte monumentale a été construite entre 186 et 200 ap. J.-C. comme porte d'entrée nord de la ville d'Augusta Trévorum. Son nom provient de la couleur sombre de la pierre, due à la patine des siècles : cette couleur est attestée en remontant jusqu'au Moyen Age.

Le moine grec Siméon vient s'installer comme ermite dans le monument aux allentours de 1028  et s'y fait probablement cloîtrer. Une fois décédé, en 1035, il est redescendu au rez-de-chaussée et canonisé. On construit alors un sanctuaire en son honneur et on utilise la Porta Nigra comme une église à deux niveaux, dont l'abside est encore visible sur la partie est du monument.

En 1802, Bonaparte, Napoléon de son petit nom, fait détruire l'église et le sanctuaire. En 1804, lors de son profit à Trèves, il décide d'éliminer aussi les autres ajouts, ce qui permet de restaurer l'aspect de la construction romaine.

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Se taper un fou rire dans les escaliers parce que les filles et ma pomme, on a joué à qui monterait le plus vite et que je les ai doublé dans la montée ! Et ça moins de 40 jours après une arthrodèse ! Le pied total, tu peux pas savoir !

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La Porta Nigra, énorme porte fortifiée en pierre massive flanquée de deux tours semi-circulaires à quatre niveaux, est une réalisation unique de l’architecture romaine du IIe siècle. Les vestiges du chœur et du cloître de l'église à deux niveaux construits dans ses murs par l'archevêque Poppo entre 1034 et 1042 ajoutent à l’intérêt du monument.

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La Porta Nigra, avec son état de préservation et sa composition architecturale (combinaison de porte fortifiée et d’architecture palatiale) est une réalisation singulière qui ne ressemble à aucune autre porte de ville romaine existante. Sa transformation en église double très inhabituelle au Moyen Age en fait aussi un symbole de l'histoire de l’Occident.

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Super intéressant aussi, la maquette-plan de la ville antique avec les tableaux explicatifs de son évolution

et de bien entendu, la vue imprenable que t'as du haut de la porte sur la ville :

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Du coup, la Cathédrale, qui est  l’un des plus anciens édifices religieux du monde occidental, ben, on l'a vue de loin !Et pourtant elle témoigne de la foi chrétienne depuis que Constantin a fait du Christianisme une religion tolérée et soutenue dans son Empire. Sa conception architecturale mêle des éléments de chacune des périodes classiques, médiévales et modernes, mais reste marquée par la conception monumentale de son origine.
En plus, c'est là qu'est gardé un vêtement considéré parfois comme la Sainte Tunique, c'est-à-dire le vêtement porté par Jésus Christ au Golgotha.
Par contre on a fait un tour au Stadtmuseum Simeonstift Trier :

Stadtmuseum Trier - zur Startseite
Qui se trouve quasi imbriqué dans la porte : il s'agit d'un musée logé dans un ancien couvent, le Simeonstift (d'où son nom, hein, au musée)

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Et du coup, t'as aussi droit à des photo de la porte noire (du Mordor) vu de l'extérieur de la ville :

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Bon, avec toutes les pages que tu viens de lire, si jamais tu t'es pas endormi dessus, je t'assaine le coup de grâce : il y a encore tout ça qu'on a pas vu

Lieux et monuments

Musées

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je t'ai mis un copier-coller de l'ami wiki, hein, y a pas de raison !

Bref, on est arrivé au Deutches Eck pile avant la fermeture des glaciers (et d'une averse monumentale qui nous a laissé trempé comme des soupes le temps d'arriver à la voiture

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Se sécher, mettre le chaufage à fond dans la voiture, et rentrer par le Rhin romantique

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Faudra vraiment qu'on y retourne