ISTEINER KLOTZ
Hélo mes amis,
Je vous entraine en balade voir une curiosité de la nature, en l'occurrence le rocher d'Istein ou Isteiner Klotz, sur le Rhin .... Parti en janvier dernier pour une exposition qui devait ouvrir à 10 heures du mat, arrivé sur place (une heure et demi de route quand même), il s'avère qu'ils ouvrent exceptionnellement à 14 Heures ! Bon, j'ai horreur de poireauter, c'est trop tôt pour trouver un resto ouvert, donc on va faire du tourisme en attendant ! On est à une demi heure d'Istein, on taille le bitume, ça va le faire
Le rocher d’Istein a un incroyable passé géologique et historique. Longtemps avant l’arrivée des hommes, il a empêché le Rhin de couler vers le nord. Les homo sapiens, qui l’occupent depuis le néolithique, époque où il comptait une cinquantaine de grottes et d’abri-sous-roche, l’ont périodiquement transformé en forteresse, y ont construit une chapelle, un château, un monastère, avant un tunnel ferroviaire. Et bien entendu, de nombreuses légendes planent sur ce mystérieux rocher…
Le rocher d'Istein (IsteinerKlotz ) a durant des millénaires empêché le Rhin de couler vers le nord. Cela se passa bien longtemps avant l'arrivé de l'homme, à l'époque où les fourmis marchaient sur deux pieds et où les pierres étaient molles. Depuis le néolithique, les hommes se sont établis à proximité et ont bien souvent transformé le rocher en forteresse.
Le rocher est une enclave calcaire à l'ouest du massif de la Forêt-Noire. La partie inférieure se compose d'une couche argilo-marneuse déposée au fond de la mer vers moins 161 millions d'années. Le tout surmonté d'une 40taine de mètres d'épaisseur de couche calcaire ayant 155 à 150 millions d'années et d'une couche de 11 mètres d'épaisseur datant du tertiaire. Pour faire bref, la composition du rocher est identique à celle du Jura une bonne centaine de km plus bas !
Après avoir réussi à forcer le verrou rocheux, le Rhin fini par couler vers le nord et pris ses aises au pied du rocher justement. Les différents bras du fleuve s'étalaient sur une largeur allant d'un à deux km. Ce vagabondage fit que les Allemands procédèrent à la rectification du cours du Rhin entre Bâle et Manheim, ce qui raccourci le fleuve de 81 km.
Alors que jusqu'à là, le fleuve baignait le pied du rocher et le grignotait tranquillou, après les travaux, le lit du fleuve se retrouva dans une zone d'alluvion et le lit s'enfonça de 8 m rapport au niveau de 1850.
La construction du canal d'Alsace provoqua un autre effondrement du lit du fleuve de 4 mètre au seuil d'Istein.
Le rocher comptait une cinquantaine de grottes et d'abris sous roche, quasi toutes détruite par la construction du chemin de fer entre 1845 et 1848. Quelques vestiges préhistoriques furent recueilli lors de fouilles archéologiques, y compris la mise à jour d'un lieu de production de silex.
Au XII ème siècle, les évêques de Bâle firent ériger un château avec une partie haute au sommet du rocher et une partie basse accroché à la parois. En 1105, fut fondé au nord du pied du rocher un monastère affilié à l'abbaye de Cluny.
Les querelles de voisinage moyenâgeuses ont fait qu'en 1409 (heu, 1411?) tout était rasé à hauteur d'homme. Fin du château !
Début 20tième siècle, l'Allemagne fortifia le rocher pour y loger 3 batteries d'artillerie. Le traité de Versailles en signa la disparition à grand renfort d'explosif
Hitler fit construire une autre fortification intégrée au Westwall (la ligne Maginot Allemande) du coup le rocher est devenu un gruyère avec 4830 m de galeries creusées et un hôpital souterrain.
Les Français ont donc utilisé 100 tonnes d'explosif pour gommer la Feste Istein entre 1946 et 1949. N'ont survécu que l'hôpital utilisé jusqu'à aujourd'hui par l'armée allemande et la police
Au pied du rocher on admire la chapelle Saint Vit accroché à mi-hauteur de la paroi. Elle est fermé en hiver aux visites, nous nous sommes cogné le tarbouif sur une porte close, nous reviendrons assurément, en mai juin si possible, à la floraison des orchidées qui s'épanouissent au sommet du rocher (ne pas sortir des sentiers svp)
Je vous passe l'histoire de la vie du Saint, juste qu'il est invoqué pour la danse de Saint-Guy et pour les pipis au lit : il est d'ailleurs souvent représenté portant une marmite/pot de chambre
Le Rhin, en passant au pied du rocher, y déposait les corps des noyés qu'il charriait. Ce phénomène naturel donna lieu à pas mal de légendes dont celle du chevalier Veit von Istein vivant au château d'Istein et qui était fiancé avec la belle Jutta von Sponeck.
Un jour, participant à un tournois, le chevalier s'en alla batifoler avec une autre, fille de châtelain elle aussi. La promise ne voyant pas revenir le fiancé, parti à sa recherche déguisée en mendiante, le trouva sur le pont de la Birs en galante compagnie, se poignarda de désespoir et tomba dans les eaux du fleuve. Le chevalier ayant reconnu Jutta, fila vers son château mais son embarcation heurta le corps de sa promise charrié par le Rhin. Il retrouva le corp de sa fiancée au pied du rocher et se jeta avec dans le fleuve par désespoir lui aussi. Des pêcheurs retrouvèrent les corps soit disant encore enlacé et les enterrèrent ensemble dans la même tombe.
Une autre légende raconte que Germain Hugidéo qui vivait à Augusta Raurica tomba amoureux de Benigna Serana, prêtresse de la déesse Cybèle et ayant obligation de rester vierge. Son amour n'ayant aucune chance de se voir concrétiser, il se fit ermite dans les grottes du rocher et enterra les noyés qui s'échouaient au pied du rocher.
Un jour, d'épaisses fumées noires s'élevèrent au loin puis le Rhin se mit à charrier nombre de cadavres : Les Alamans venaient d'incendier la ville d'Augusta Raurica (à dix km de Bâle, site archéologique) Parmi les morts, Germain trouva le cadavre de la prêtresse Benigna Serana, tuée d'un coup de poignard en plein cœur. A cette vue, l'ermite se donna la mort pour aller rejoindre l'amour de sa vie






























